La médecine traditionnelle chinoise – l’acupuncture

 

  • L’histoire

Appartenant à l’unique patrimoine culturel chinois qui s’est formé pendant cinq mille ans selon la tradition, l’acupuncture chinoise, un savoir–faire aussi impressionnant, a une place très particulière et très importante dans la médecine traditionnelle chinoise. Selon la légende, l’acupuncture est apparue déjà dans l’antiquité chinoise, comme en témoignent de nombreux livres anciens, selon lesquels l’empereur légendaire Fuxi « dégustait des centaines d’herbes et fabriquait neuf aiguilles ». Au cours du Néolithique, les ancêtres chinois ont connu la forme archaïque de l’« aiguille de pierre », ce qui est le prototype d’une aiguille d’acupuncture et qui a ensuite évolué vers des aiguilles faites en os, bambou et métal selon les découvertes archéologiques. En outre, quant à l’origine de la technique de moxibustion, celle-ci remonte à l’époque de la société primitive, quand l’humanité, ayant déjà connu le feu, s’est rendu compte du fait que la douleur pouvait être amoindrie voire éliminée. Par la suite, ceci est devenu ce que l’on appelle aujourd’hui la moxibustion, dont le perfectionnement par l’usage de l’aiguille et du moxa, qui y est ajouté et brûlé en même temps, a apporté davantage d’effets au traitement.

 

Les anciens Chinois avaient connu l’acupuncture et la moxibustion à peu près avant la compilation de l’ouvrage Huangdi neijing (Classique interne de l’Empereur Jaune). En 1973, deux documents médicaux en soie datant des Han sur le système des méridiens ont été découverts à Mawangdui dans la province du Hunan dans le tombeau n. 3, à savoir les livres Zubi shiyi mai jiujing (Les onze méridiens du bras et de la jambe) et le Yinyang shiyi mai jiujing (Yinyang et les onze méridiens). La circulation et la portée des onze méridiens, les symptômes de maladies ainsi que l’acupuncture et la moxibustion y sont déjà traités à cette époque entre les années 206 jusqu’à 220 av. J.-C. Ces textes chinois sont les plus anciens jamais connus sur ce sujet. Ils reflètent les connaissances bien anciennes des Chinois sur le système des méridiens du corps humain (à cette époque les livres sur soie enregistraient environ 48 points d’acupuncture).

 

  • La théorie de l’acupuncture chinoise

L’acupuncture chinoise a prit naissance dans la période entre les Royaumes Combattants et les dynasties Qin et Han, comme le décrit l’ouvrage Huangdi neijing. Ce livre disserte sur les méthodes de traitement de maladies sur la base du yin et du yang et des cinq éléments, des viscères, des méridiens, des fluides vitaux, de l’énergie qi et du sang dans le corps humain, ce qui a dans l’ensemble jeté les fondations d’une théorie sur les méthodes de diagnostic et de traitement au sein de la médecine traditionnelle chinoise. Sur cette base, à peu près pendant l’époque des Wei et Jin (entre les années 256 et 260 après J.-C.), Huangfu Mi a rassemblé les livres Qinwen, Lingjiu, Mingtang kongxue zhenjiu zhiyao pour en créer l’ouvrage Zhenjiu Jiayijing (Les fondations de l’acupuncture et de la moxibustion) avec les 349 noms de points d’acupuncture rassemblés. Il est devenu le premier ouvrage standard sur l’acupuncture et la moxibustion. Pendant les époques Tang, les Cinq Dynasties, les dynasties Liao, Song, Jin et les Yuan, des instituts et écoles d’acupuncture entiers ont été fondés successivement dans le pays. Pendant les Song du Nord, le fameux médecin Wang Weiyi a de nouveau révisé les points et en a confirmé 364 réguliers.

 

En 102, pour la première fois, une maquette de bronze en forme humaine a été conçue, ayant des méridiens gravés à l’extérieur et des intestins placés à l’intérieur. Elle servait pour l’apprentissage et pour les examens et, par la suite, l’acupuncture et la moxibustion ont connu une étape de régularisation et de standardisation. L’acupuncture de la médecine traditionnelle chinoise a vu son essor avant la dynastie des Ming, pourtant, pendant les Qing, elle était sur le déclin. Ceci dû au fait que la classe gouvernante Qing a préféré les médicaments à l’acupuncture au point de supprimer les examens d’acupuncture à l’Académie impériale de médecine en 1822. Ce n’était jusqu’à l’époque de la fondation de la Chine moderne qu’il y a eu un renouveau de techniques de la médecine traditionnelle et elle s’est répandue graduellement dans le monde entier.

 

Quant à la thérapeutique, les principes directeurs sont les cinq éléments, le yin et le yang, la théorie des entrailles, les quatre méthodes de diagnostic et les huit principes d’analyse. La théorie du yin et du yang traverse de part en part tout le processus de thérapie d’acupuncture. La médecine traditionnelle chinoise estime que les substances naturelles sont en relation d’opposition et de croissance ou décroissance mutuelles, le corps humain étant nourri du fluide yin et yang. Le tao ou la voie universelle c’est le yin et le yang. Dans la nature, le soleil est le yang, la lune est le yin, le feu est le yang, l’eau est le yin, la chaleur est le yang, le froid est le yin, le mouvement est le yang, le silence est le yin. En ce qui concerne le corps humain, le dos est le yang, le ventre est le yin, les six entrailles sont le yang, les cinq viscères sont le yin, le fluide vital est le yang et le sang le yin. L’homme appartient au yang et la femme au yin. Quant à l’organisme lui-même, selon le classique Neijing, le yin et le yang se déterminent mutuellement et quand les deux sont en équilibre, l’esprit est vigoureux. Si le yin et le yang se dissocient, le fluide vital s’épuise. Ceci pour dire que le corps est en bonne santé et sans maladie, seulement si le yin et le yang sont dans un état stable. Si le yin et le yang sont en déséquilibre, le corps peut alors manifester un état maladif. Le yin et le yang sont interdépendants, l’équilibre est relatif et temporaire, mais l’opposition entre le yin et le yang est éternelle.

 

La thérapeutique de l’acupuncture traditionnelle chinoise se fonde sur les quatre méthodes de diagnostic et les huit principes d’analyse. Les quatre méthodes de diagnostic constituent le regard, le flair, la consultation et la prise de pouls. C’est la façon de déterminer la maladie avant la thérapie. Les huit principes d’analyse basés sur le yin et le yang, sur l’extérieur et l’intérieur, sur le froid ou la chaleur du corps et sur la vraie nature de la maladie en état de carence ou excès déterminent les points d’acupuncture. Se fondant sur le principe de « décharger l’excès et compléter la carence », l’acupuncture est appliquée par la méthode d’équilibrage du yin et du yang et selon la situation de carence ou excès de ces aspects chez le malade, l’acupuncture est alors exercée par les aiguilles afin de stimuler et équilibrer le corps dans l’ensemble. La stimulation par l’acupuncture facilite la libre circulation du qi vital et du sang à travers les méridiens, transmet une information au cerveau et l’équilibrage et l’ajustement des entrailles et des organes se produisent, ce qui répare les parties du corps pathogènes et mène à la guérison. Ici, il est important de souligner que l’acupuncture est une méthode extérieure et physique de stimulation de points par l’enfoncement des aiguilles sans utilisation de médicaments à base chimique. C’est une méthode de traitement proprement naturelle et très efficace, élaborée par une pratique vieille de milliers d’années qui n’a pas d’effets secondaires et qui est assez rapide. On dit que la médecine traditionnelle chinoise commence le traitement par l’acupuncture, elle est suivie par la moxibustion et puis par la médication. On croit que l’acupuncture sert à soigner trois cents maladies et parmi elles, il y a une centaine, où un degré de guérison complet ou assez efficace peut être constaté.

 

L’acupuncture moderne est souvent utilisée comme l’anesthésie lors d’une opération de la médecine occidentale, où des médicaments analgésiques sont remplacés par l’acupuncture au cours d’une opération. En ce qui concerne la fonction de différents réseaux du corps humain, la médecine contemporaine affirme que l’acupuncture a des effets positifs de double direction. Elle améliore l’immunité et la résistance aux maladies, possède des effets de prévention et en même temps encourage la bonne santé et favorise la longévité.

 

Étant né dans une famille de médecins chinois, au cours de ma carrière médicale de plusieurs décennies, je suis arrivé à la guérison chez des milliers de patients par une méthode d’acupuncture équilibrée. Ma façon de soigner une maladie se fonde sur l’observation de l’état du malade et de son équilibre du yin et du yang, je n’emploie pas la méthode traditionnelle d’acupuncture et de moxibustion pour traiter une douleur par des interventions locales. Par contre, je procède d’abord à un équilibrage du fluide vital qi et du sang dans le corps et ensuite je mets en jeu le libre flux du qi pour encourager la circulation sanguine. On applique l’acupuncture au foyer morbide pour atteindre son rétablissement rapide dans l’objectif de guérir l’infirmité. Une fois l’équilibre atteint, on parvient à la guérison.